La pratique du cododo
Autonomie & vie pratique, Espace parents, Parentalité bienveillante

🌙 La pratique du cododo : un choix naturel

Le cododo suscite souvent des débats : certains y voient une pratique naturelle et rassurante, d’autres s’interrogent ou expriment des craintes. Pourtant, lorsqu’on regarde l’histoire humaine et les découvertes récentes en neurosciences, une idée s’impose : le cododo est une pratique profondément ancrée dans notre biologie, dans notre manière d’attacher, d’apaiser et de protéger nos bébés.

Pendant des millénaires, l’être humain n’a jamais laissé un nourrisson dormir seul. La proximité nocturne était vitale — une question de survie. De plus, aujourd’hui encore, dans de nombreuses cultures d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine, partager la chambre ou le lit parental est la norme.
Finalement, loin de remettre cela en cause, les neurosciences modernes viennent confirmer cette intuition ancestrale.

🤱 Mon expérience personnelle

👉 Pourquoi le cododo s’est imposé naturellement

Pour mon premier enfant, le choix du cododo ne s’est pas vraiment posé : il s’est imposé de lui-même. Dans la famille de mon conjoint, un bébé était décédé d’une mort subite du nourrisson à 8 mois. Cette histoire m’avait profondément bouleversée. Ainsi, je savais que je ne pourrais jamais dormir sereinement si mon tout-petit était seul dans une autre pièce.

J’avais entendu dire que :

  • la position dans laquelle dort un bĂ©bĂ© est dĂ©terminante,
  • et que la respiration du parent aide celle du nourrisson Ă  se rĂ©guler.

Cette idée qu’un bébé puisse « oublier » de respirer m’angoissait. Alors, dormir près de lui n’était pas un choix idéologique : c’était une évidence, presque un réflexe de protection.

👉 La réalité du quotidien

Et puis il y avait ma réalité très concrète : j’ai repris le travail très tôt. Je n’ai pris qu’un mois de congé supplémentaire. Je faisais une heure de route le matin, une heure le soir, et mes journées étaient chargées. J’étais épuisée.
Par conséquent, La nuit était le seul moment où nous pouvions vraiment être ensemble.

Au départ, j’avais installé un petit lit collé au nôtre. Cependant, avec l’allaitement, tout est devenu plus simple et plus doux quand je le gardais contre moi. Très souvent, je m’endormais au même rythme que lui, bercée par sa respiration. Parfois je le reposais dans son petit lit, parfois il restait contre moi.
Je voyais à quel point cela le rassurait… et moi aussi.

Je n’avais pas l’énergie de me lever pour marcher jusqu’à une autre chambre, de me réveiller complètement pour l’apaiser. Le cododo rendait nos nuits plus simples, plus fluides, plus humaines.

Mon fils est resté dans notre chambre jusqu’à ses 10 mois : je voulais absolument dépasser le cap des 8 mois, ce cap qui me faisait si peur.

👉 Sous-titre ajouté : Une deuxième expérience différente

L’expérience a été différente pour ma fille. Son grand frère avait un an et demi. Il respirait fort, parfois même ronflait dans son sommeil. Au bout de trois mois, j’ai senti qu’il serait plus pertinent qu’elle dorme dans la même chambre que lui : je savais qu’elle se calerait sur sa respiration comme elle l’avait fait sur la mienne. De plus, avec deux enfants si rapprochés (17 mois), la fatigue était immense. Il nous fallait une organisation simple et sécurisante.

Ces deux vécus m’ont appris une chose essentielle :
👉 Le cododo n’est pas une méthode figée, mais une adaptation vivante.
Il peut durer longtemps ou quelques mois. Il change selon l’enfant, selon la famille, selon la saison de vie que l’on traverse.
Et surtout, il offre une proximité unique, un espace de douceur qui apaise autant les bébés que les parents.

đź§  Ce que disent les neurosciences : un besoin biologique avant tout

Les recherches en neurosciences montrent que la proximité nocturne répond aux besoins fondamentaux du tout-petit. Son système nerveux est immature ; il utilise le parent comme co-régulateur biologique.

✔️ 1. Le cododo régule les émotions

Dormir près d’un parent réduit le taux de cortisol, l’hormone du stress.
Un bébé séparé trop tôt peut ressentir une tension interne, souvent invisible mais bien réelle.

➡️ INSERM – Sommeil et développement

La présence d’un adulte fonctionne alors comme un « thermostat émotionnel » : elle stabilise, apaise et sécurise.

✔️ 2. Il renforce l’attachement

La proximité stimule l’ocytocine, l’hormone du lien, du calme et de la confiance.
L’odeur, la chaleur et la respiration du parent envoient au bébé un message clair :
« Tu es en sécurité. Tu peux dormir. »

➡️ Travaux de Ruth Feldman sur l’ocytocine et l’attachement (Hormones and Behavior, 2012)

✔️ 3. Il améliore la qualité du sommeil

Des études montrent que les cycles de sommeil du parent et du bébé se synchronisent naturellement.
Cela :

  • facilite les rĂ©veils nocturnes,
  • rend l’allaitement plus fluide,
  • permet de se rendormir plus rapidement.

➡️ Academy of Breastfeeding Medicine – Clinical Protocol #6

➡️ Page officielle des protocoles ABM

➡️ Durham Infancy & Sleep Centre (DISC)

➡️ BASIS – Baby Sleep Information Source

📌 Les hormones du cododo : un trio essentiel

Ocytocine — « l’hormone du lien »

  • sĂ©crĂ©tĂ©e lors du contact et de l’allaitement. 👉 cliquez ici pour lire mon article.
  • apaise et favorise l’endormissement
  • renforce la sĂ©curitĂ© affective

Prolactine — « l’hormone de l’allaitement »

  • soutient la production de lait
  • favorise le sommeil profond
  • stabilise l’humeur nocturne

Cortisol — « l’hormone du stress »

  • diminue avec la proximitĂ©
  • favorise l’équilibre Ă©motionnel
  • protège le cerveau en dĂ©veloppement

🌍 La pratique du cododo: aussi ancienne qu’universelle

Dans la nature, aucun petit mammifère ne dort isolé.
Le petit humain, encore plus dépendant que les autres espèces à la naissance, n’échappe pas à cette règle.

Dans beaucoup de pays :

  • le lit est partagĂ©,
  • le portage est quotidien,
  • la nuit est un prolongement naturel du lien.

L’idée d’une indépendance précoce du bébé est récente, née au XXe siècle dans les pays occidentaux.
Mais les neurosciences rappellent une vérité simple :
👉 Un enfant devient autonome parce qu’il a été sécurisé, jamais parce qu’il a été séparé trop tôt.

➡️ OMS – Allaitement et sommeil du nourrisson

📌 Sécurité du cododo : les règles simples qui changent tout

✔️ Matelas ferme
✔️ Pas d’oreillers lourds ni de couettes épaisses
✔️ Jamais de tabac, alcool, drogues ou médicaments sédatifs
✔️ Bébé couché sur le dos
✔️ Aucun cododo sur canapé ou fauteuil
✔️ Idéal : un lit cododo accolé au lit parental

Ces règles rendent le cododo sûr, naturel et bénéfique.

🌱 Une image simple : le nid

Le cododo, c’est un nid.
Le nid n’est pas une cage : c’est un point de départ.
Un lieu où l’on se recharge, où l’on apprend à respirer, à se calmer, à faire confiance.

Le lit partagé ou accolé joue ce rôle pour le bébé humain.
Il devient progressivement un point d’élan vers l’autonomie.

✨ En conclusion : « Tu es en sécurité, je suis là »

Le cododo n’est pas une obligation.
C’est une possibilité parmi d’autres, mais une possibilité profondément naturelle, sécurisante et alignée avec le développement du bébé.

Il transmet un message essentiel, sans mots :
« Tu es en sécurité, je suis là. »

Et c’est dans cette sécurité que naissent :

  • la confiance,
  • l’apaisement,
  • la curiositĂ©,
  • et l’autonomie future.

đź’¬ Et vous, comment vivez-vous le cododo ?

Avez-vous choisi de dormir près de votre bébé ?
Quels doutes, quelles joies, quelles astuces aimeriez-vous partager ?

✨ Votre témoignage peut rassurer et inspirer d’autres familles.
🌿💛 Laissez un commentaire : votre expérience compte.

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