Alimentation & cerveau

Alimentation et cerveau de l’enfant : ce que votre enfant mange influence aussi ses émotions et son attention

L’alimentation et le cerveau sont profondément liés.
Chez l’enfant, certains aliments peuvent soutenir l’attention, l’humeur, le sommeil ou la régulation émotionnelle… tandis qu’une alimentation très riche en sucres raffinés, ultra-transformés ou pauvre en nutriments peut fragiliser l’équilibre du cerveau et du corps.

Pendant longtemps, nous avons surtout regardé l’alimentation sous l’angle du poids ou de la croissance.

Mais aujourd’hui, les neurosciences, les recherches sur le microbiote et la nutrition montrent quelque chose d’essentiel : le cerveau d’un enfant se construit aussi dans son assiette 🌿

Le cerveau d’un enfant ressemble un peu à un feu de camp.

Avec du bois régulier et de bonne qualité, le feu chauffe longtemps et reste stable.
Avec du papier ou du sucre rapide, il flambe vite… puis retombe.

L’attention, l’énergie et même certaines émotions fonctionnent parfois un peu ainsi.

Bien sûr, aucun aliment n’est magique.
Et aucun parent ne peut tout contrôler.

Mais dans une société où les produits ultra-transformés, les sucres raffinés et les additifs sont devenus omniprésents, revenir à une alimentation plus simple et plus proche des besoins du corps humain peut déjà faire une vraie différence.

Dans notre famille, nous avons progressivement mis certaines habitudes en place.
Pas dans une logique de perfection.
Plutôt dans une recherche d’équilibre, de simplicité… et de bon sens.

Pourquoi l’alimentation influence le cerveau des enfants

Le cerveau humain est un organe extrêmement gourmand.

À lui seul, il consomme environ 20 % de notre énergie quotidienne.
Chez l’enfant, dont le cerveau est encore en plein développement, les besoins sont particulièrement importants.

Mais ce n’est pas seulement une question de calories.

Le cerveau a besoin :

  • de vitamines,
  • de minéraux,
  • de protéines,
  • de fibres,
  • d’acides gras essentiels,
  • d’un microbiote intestinal équilibré,
  • et d’une énergie relativement stable.

Aujourd’hui pourtant, beaucoup d’aliments industriels provoquent parfois l’inverse :

  • pics de sucre,
  • fatigue,
  • alimentation pauvre en nutriments,
  • perturbation du microbiote,
  • inflammation discrète mais continue

Certaines recherches montrent notamment qu’une alimentation déséquilibrée et très riche en produits ultra-transformés peut être associée à davantage de difficultés émotionnelles ou cognitives.

Parfois, derrière l’agitation, l’irritabilité ou les difficultés de concentration d’un enfant, il n’y a pas seulement une question “d’éducation”.

Le cerveau, le corps, le sommeil, le stress ou encore l’alimentation jouent aussi un rôle important dans son équilibre émotionnel.

👉 Vous pouvez aussi lire : Crise de colère chez l’enfant : ce que son cerveau essaie vraiment de dire

Le sucre : un plaisir devenu omniprésent

Le cerveau humain est naturellement attiré par le goût sucré.

Pendant des millénaires, le sucre était rare dans la nature : quelques fruits mûrs, des baies ou parfois du miel.

Aujourd’hui, le problème n’est plus le sucre naturel occasionnel.
C’est l’omniprésence du sucre raffiné.

Céréales du matin.
Biscuits.
Boissons.
Desserts industriels.
Compotes très sucrées.
Bonbons.
Produits transformés.

Le cerveau des enfants reçoit parfois des quantités de sucre très importantes tout au long de la journée.

Or certaines recherches suggèrent qu’un excès de sucres ajoutés pourrait influencer certains mécanismes liés à la cognition, à l’énergie ou au microbiote intestinal.

Dans notre famille, nous avons choisi quelque chose de très simple :
les bonbons sont surtout réservés au samedi.

Cette idée existe dans certains pays nordiques, comme la Suède avec le “lördagsgodis” (“les bonbons du samedi”).

Et finalement, cela fonctionne très bien.

À l’école, lors des anniversaires, les enfants reçoivent souvent des petits sachets de bonbons de la part de leurs camarades.

Au lieu de les manger immédiatement, ils ont pris l’habitude de les garder dans leur cartable puis de les déposer dans une boîte prévue pour le samedi.

Je me souviens très bien de la première fois où nous avons mis cela en place.

Comme beaucoup d’enfants, ils avaient pris l’habitude de manger les bonbons juste après l’école ou juste après un anniversaire.

Il a donc fallu leur expliquer simplement pourquoi nous voulions changer cette habitude.

Nous leur avons expliqué que manger des bonbons tous les jours n’était pas très bon pour les dents, que les bactéries adorent le sucre et qu’elles peuvent “creuser” dans les dents et provoquer des caries.

Alors que lorsqu’on en mange plus occasionnellement, le corps et les dents ont davantage le temps de retrouver leur équilibre.

Ma fille avait alors dit avec enthousiasme :

“Ah, ça, je vais le mettre dans la boîte du samedi !”

Et c’est resté une habitude.

Bien sûr, il arrive parfois qu’ils en mangent un avant.
Mais la plupart du temps, ils préfèrent les garder pour avoir un petit moment “bonbons” le samedi. Aussi, Ils apprennent à attendre, à choisir, à partager avec des copains lors d’anniversaires.

Cela évite aussi que le sucre devienne un automatisme quotidien.

Sans interdiction rigide.
Sans culpabilité.
Mais avec un cadre clair.

Le petit-déjeuner : une énergie plus stable pour apprendre

Le matin, le cerveau des enfants va devoir :

  • écouter,
  • mémoriser,
  • gérer le bruit,
  • se concentrer,
  • réguler ses émotions,
  • interagir socialement.

Or certains petits-déjeuners très sucrés provoquent parfois une montée d’énergie rapide suivie d’une fatigue quelques heures plus tard.

Nous avons remarqué que des repas plus simples et plus équilibrés semblaient mieux convenir à nos enfants.

Par exemple :

  • des œufs,
  • des fruits,
  • du pain au levain,
  • ou parfois des crêpes maison moitié sarrasin, moitié farine de riz.

Le sarrasin est naturellement riche en fibres et ne contient pas de gluten.

Concernant le gluten, la recherche scientifique est plus nuancée que ce qu’on peut parfois lire sur internet.

Chez les personnes atteintes de maladie cœliaque ou de sensibilité au gluten, une réduction peut améliorer certains troubles digestifs.

Dans la famille de mon conjoint, plusieurs personnes sont justement concernées par des problèmes digestifs liés au gluten.

C’est aussi pour cela qu’il m’arrive très régulièrement — même si ce n’est pas systématique — de préparer des crêpes maison moitié sarrasin, moitié farine de riz pour le petit-déjeuner.

J’ai une petite crêpière qui permet d’en cuire six d’un coup, donc cela va finalement assez vite.
Et certains matins, je prépare même la pâte la veille pour gagner du temps.

L’idée derrière cela n’est pas de diaboliser le gluten ni de vouloir tout supprimer.

D’ailleurs, si un matin je suis fatiguée, pressée ou que je n’ai simplement pas le temps, les enfants mangent aussi des aliments contenant du gluten sans problème.

Je ne suis pas “braquée” là-dessus.

Mais j’essaie, autant que possible, de proposer un petit-déjeuner plus simple et plus équilibré, surtout avant une journée d’école.

Parce que lorsqu’un enfant digère difficilement, le corps mobilise aussi beaucoup d’énergie.

Et parfois, on peut avoir cette sensation d’être “lourd”, moins disponible ou moins concentré après certains repas très riches ou très transformés.

Sans tomber dans des conclusions trop rapides, je trouve intéressant de rester à l’écoute du corps et de voir ce qui semble aider chaque enfant à se sentir bien, concentré et apaisé au quotidien 🌿

L’idée n’est donc pas forcément de supprimer totalement certains aliments.
Plutôt de diversifier :

  • sarrasin,
  • avoine,
  • riz,
  • pommes de terre,
  • légumineuses,
  • légumes,
  • fruits,
  • aliments moins transformés.

Le gras : un besoin important pour le cerveau

Pendant des années, le gras a souvent été présenté comme “l’ennemi”.

Pourtant, le cerveau humain contient une grande quantité de lipides.

Certains acides gras, notamment les oméga-3, jouent un rôle important dans :

  • le développement cérébral,
  • la mémoire,
  • l’attention,
  • les membranes des neurones.

C’est aussi pour cela que certaines familles choisissent d’intégrer :

  • poissons gras,
  • sardines,
  • maquereaux,
  • œufs,
  • noix,
  • huile d’olive,
  • ou parfois huile de foie de morue.

Dans notre famille, surtout en hiver, nous supplémentons les enfants avec une petite cuillère d’huile de foie de morue désodorisée ainsi qu’en vitamine D.

Bien sûr, cela ne remplace pas un suivi médical.
Et chaque enfant a des besoins différents.

Mais plusieurs études montrent que les oméga-3 jouent un rôle important dans le développement cérébral et que les carences en vitamine D sont fréquentes dans certaines régions peu ensoleillées.

Pendant des centaines de milliers d’années, les humains vivaient au contact du mouvement, de la nature et d’une alimentation beaucoup moins transformée.

Le cerveau des enfants d’aujourd’hui fonctionne encore avec ce patrimoine biologique ancien.

👉 Pour aller plus loin :
Bouger en classe : pourquoi le cerveau des enfants a besoin de mouvement

💬 Et vous ?

Avez-vous remarqué un lien entre l’alimentation de votre enfant et :

  • son attention,
  • ses émotions,
  • son énergie,
  • ou son comportement au quotidien ?

Avez-vous mis en place certaines habitudes alimentaires dans votre famille qui semblent aider vos enfants à se sentir plus apaisés ou plus concentrés ?

Je serais curieux de lire vos expériences et vos observations 🌿

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